Décembre 2010

Comment les Anglais (mal)traitent les carpettes anglaises


I - Likez-vous this ad? Kelhorreur!
 

"While the académiciens toil away, the creatives of the French advertising world seem to be busy throwing out their rules with abandon." [1]
The Economist by S.P. (Kelhorreur! - 2010)

[1]  « Alors que les académiciens travaillent dur, les créatifs du monde français de la publicité semblent être occupés à détruire sans réserve        leurs règles. »


Deux articles publiés par The Economist montrant clairement la surprise (le dégoût ?) de beaucoup d'Anglais constatant la multiplicité grandissante des publicités en franglais faites par beaucoup d'entreprises françaises par l'intermédiaire des publicitaires (avec ou sans Rolex).

Si cela vous aide, je me suis risqué à traduire ces 2 articles (en dessous de leurs respectives copies d'écran). Please, don't make fun of me!


~ Kelhorreur! ~

Publié le 22 septembre 2010, et visant particulièrement les agressions linguistiques des entreprises françaises
Keljob, Kiloutou, Kelcoo, Meetic, Sajoo, Amagiz, Le Crédit Agricole et Free :

ver de terre

the Economist: Kelhorreur!

Français phonétisé
Kelhorreur!

Repérée ce matin sur un panneau publicitaire du métro parisien : la combinaison la plus extravagante de français phonétique et de franglais que je n'avais encore jamais rencontrée. C'était une annonce pour Keljob (Quel job), une agence de recrutement promettant « le speed recrutement » et « des ateliers coaching » (l'anglicisme coaching signifiant « mentorat » en français) [1].

[1] Traduction adaptée : le journaliste — s'adressant ÉVIDEMMENT à des Anglais — a écrit en réalité : « atelier
      meaning workshop in French » (atelier signifiant atelier en français).
      Je pense aussi que j'aurais TRÈS mal traduit si j'avais choisi : « atelier signifiant workshop en anglais ».

Les entreprises françaises utilisant une orthographe phonétique prolifèrent. Aux côtés de Keljob on trouve Kiloutou (Qui Loue Tout), une société de location de matériels, ou Kelcoo (Quel coût), un site Internet de comparaison des prix. À cela s'ajoutent Meetic (mythique), un site de rencontres en ligne, Sajoo (ça joue), un site de jeux sur le web, et Amagiz (à ma guise), un assureur en ligne.
Les raccourcis phonétiques des Services de Messages Succincts (SMS) — comme par exemple « kdo » pour « cadeau », etc. — ont certainement contribués à ravager les règles traditionnelles de la langue, en particulier pour des entreprises dont l'image de marque est de brouiller les conventions.

L'intrusion du franglais dans la publicité française avance également à grands pas. Les exemples qui viennent à l'esprit concernent le « Livret BforBank » du Crédit Agricole, banque privée en ligne, ou la « Freebox », le boîtier ADSL de Free, une entreprise française de télécommunications.
Beaucoup d'entreprises subsument tout simplement un slogan en anglais dans leurs annonces publicitaires, et le traduisent ensuite en petits caractères en bas de page, comme l'exige la loi française.

Ce qui distingue particulièrement Keljob est l'insolent mélange de l'ensemble de tout ce qui précède.
Les Français ont une instance dont la tâche est de défendre la pureté de la langue française. L'article 24 des statuts de l'Académie Française précise : « La principale fonction de l'Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ».
Alors que les académiciens [2] travaillent dur, les créatifs du monde français de la publicité semblent être occupés à détruire sans réserve leurs règles.

[2] en français dans le texte original.

 


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Publié le 29 novembre 2010, et visant particulièrement les agressions linguistiques des entreprises françaises
Orange, Pierre & Vacances et Etam :

ver de terre

the Economist: Likez-vous this ad?

Franglais
Likez-vous this ad?

Le métro parisien est devenu un riche filon pour quiconque recherche des outrages à l'encontre de la langue française. (...) Aujourd'hui, c'est une campagne publicitaire d'Orange sur les téléphones mobiles, actuellement placardée sur les murs des stations de métro, qui a attiré mon attention pour sa façon de se moquer sans vergogne des obligations légales de traduction des mots anglais.

Note : le journaliste aurait dû écrire : « ... traduction des mots étrangers ».
Mais ce lapsus est bien révélateur de la réalité : nos carpettes publicitaires sont esclaves exclusives d'
Uncle Sam.

En Français, si on peut l'appeler ainsi, on peut lire sur les affiches : « Pokez, taggez, likez ». Comme le savent tous les adolescents Français qui se respectent, il s'agit d'une référence à des actions de la version anglaise de Facebook, poke, tag ou like. Le paradoxe est que Facebook ne reprend pas ces termes anglais dans sa version française. Ce réseau tente (sans grande conviction) de traduire ces mots, ainsi « poke » devient « envoyer un poke », « like » devient « j'aime », etc.

Mais Orange a clairement décidé que de singer une Amérique cool ne suffirait probablement pas pour vendre des téléphones portables aux jeunes Français. Cette entreprise est également bien consciente du fait qu'à vouloir utiliser des phrases ou des slogans en anglais, la loi française l'obligerait à une traduction qui en diminuerait forcément la portée. Il semble donc qu'Orange a décidé qu'en tripatouillant ces mots anglais en un franglais se voulant équivalent — likez, Dieu du ciel — elle pouvait ainsi tout à fait contourner les obligations de traduction.

La vérité oblige à reconnaître que de nombreux annonceurs jouent avec les obligations de traduction. Une astuce consiste à n'introduire qu'un ou deux mots anglais dans une phrase en français, et ainsi de s'en sortir sans en effectuer la traduction. Toujours dans le métro, j'ai pu voir cette semaine « My beautiful Noël » dans une publicité pour les vacances de Pierre & Vacances, et « Have fun, c’est Noël » des lingeries Etam. Tout cela ne fait, en premier lieu, que souligner l'absurdité des règles.

Dois-je le dire ?
Je trouve cet article un peu ambigu, surtout en lisant sa dernière phrase (« ... the absurdity of the rules... »).
En effet, l'auteur semble beaucoup plus critiquer les contournements faits à la loi dite « loi Toubon » (loi nº 94-665 du 4 août 1994) relative à l'emploi et à la protection de la langue française, plutôt que les agressions faites à la langue française, comme il le dénonce pourtant dans sa 1ère phrase (« ... offenses against the French language »).

À mon avis la VRAIE raison des entreprises et publicitaires français est beaucoup plus grave : volonté active de détruire notre langue, inutile et désuète dans l'avènement d'un vaste marché unique et planétaire ne reconnaissant plus que le règne de l'argent, et ce bien sûr sous l'étroite hégémonie anglo-saxonne qui sert à merveille ces objectifs sous le contrôle étroit des Maîtres de Wall Street et de la City.

 

petit bloc-notes

II - Avoir l’anglais pour langue maternelle, c’est dominer le monde !

Plus les serviles du « tout-anglais » se vautreront dans l’anglais - ou plus exactement le globish pour la plupart d'entre eux - plus ils passeront pour des « charlots » aux yeux anglo-saxons !

Traduction en français relevée sur le site Traducteurs.com (2016 : lien mort) :

traducteurs.com

 

petit bloc-notes

III - Chaque citoyen du continent Européen paye un impôt linguistique annuel à la Reine !

Plusieurs études universitaires, et en particulier le rapport F. Grin (2016 : lien mort) dénoncent le fait que le choix de l'exclusivité de la langue anglaise fausse la concurrence

Ce qui paraît être clairement une évidence ne semble malgré tout pas... évidente à nos géniaux PDG aux salaires de plusieurs millions d'Euros annuels !
Et pourtant cette promotion faite à la langue anglaise et voulue par nos « élites » (sic de sic), rapporterait à la Grande-Bretagne plus de 20 milliards d'Euros par an !

En estimation, ceci reviendrait, pour chaque citoyen du continent Européen, à verser aux caisses de la Reine un impôt annuel estimé à 900 € !!!

 

 

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FRANCE - 11 décembre 2010
Daniel Bertrand a écrit :
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